Les secrets du génie de Steve Jobs

La pomme est tombée par surprise. Qui ne le regrette pas ?

Hier, j’ai appris tout à fait par hasard -je veux dire : « par un moyen détourné »- que Steve Jobs était décédé. Quel choc ! Je n’aurais jamais cru que sa disparition m’inspirerait tant de regrets… Au fond, je ne le connaissais pas, et je ne l’ai jamais vu ou rencontré. Alors, pourquoi ces sentiments bizarres ?

Ce qui est certain, c’est qu’avec cet épisode inattendu de tristesse, j’ai pu me rendre compte à quel point ce Steve Jobs était un « grand monsieur ». Si même pour moi l’annonce de sa mort a été remuante, c’est qu’il était parvenu à attirer ma sympathie. Sans même que je ne m’en rende compte !

Comment diable a-t-il fait pour en arriver là ?

Je n’ai pourtant jamais été un fan d’Apple comme il en existe autour de moi. Je n’ai jamais eu de Mac à la maison -même s’il m’est arrivé d’en utiliser. Et je n’ai jamais attendu la sortie prochaine d’un nouveau produit Apple, comme le font des milliers de personnes chaque fois qu’il en sort un.

Par contre, tout récemment, j’ai acheté un iPad dont je suis très content. Mais en dehors de ça, rien, absolument rien ne me relie à la société à la pomme…

Ce que Steve Jobs a fait et que d’autres ne font pas

La particularité de Steve Jobs, c’est qu’il incarne la société Apple. On pourrait faire ces deux équations : Apple = Steve Jobs, et Steve Jobs = Apple. C’est en tout cas ce qu’il est parvenu à imposer comme idée dans la tête du consommateur.

Comment ? Avec ses « grands messes médiatiques », comme disent les médias. Ces keynotes au cours desquels il parlait de manière hyper relax, toujours dans la même tenue, en laissant passer quelques touches d’humour, en interagissant de manière ludique avec le public et en créant des effets de surprise dont il avait le secret.

Je ne sais pas par combien de personnes étaient vus ces keynotes, mais je suis certain que toutes ces mises en scène lui ont permis de se rapprocher de son public, de sentir ses réactions et d’attirer à lui un capital sympathie qu’il n’a jamais trahi par la suite, en créant chaque fois des objets plus incroyables les uns que les autres.

Je me demande même s’il n’était pas lui-même « accro » à cette manière de communiquer avec les médias, via ses shows dont on dit qu’ils étaient minutieusement préparés

J’ai passé plusieurs heures, hier, à les regarder. Depuis le tout premier, en 1984, où il présentait le Macintosh II devant une foule en délire (voyez la vidéo ci-dessous).

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Steve Jobs n’est pas seulement un manager, un technologue d’exception ou un brillant inventeur. C’est aussi un marketeur de génie.

Lorsqu’il a réintégré la société Apple, après avoir été viré peu après l’avènement du Macintosh II et avoir créé la société Pixar, Steve Jobs a été capable de relancer la société en pleine dérive en y injectant toutes ses idées révolutionnaires et surtout : son talent pour les vendre.

Tout comme lorsqu’il sortait de sa période hippie et qu’il commençait à commercialiser les tout premiers ordinateurs, il savait comment il fallait faire pour vendre quelque chose dont les gens n’avaient encore jamais entendu parler. Si le marché n’existait pas, ce n’est pas un problème, il suffit de le créer.

En marketing, c’est ce qui s’appelle « créer un besoin » là où il n’y en a pas a priori.

Ses succès de vente ont été tellement remarquables qu’ils servent à présent d’inspiration à tous les grands marketeurs, sur internet ou ailleurs, à travers ce qu’on appelle en francophonie les « superlancements » ou « lancements orchestrés », qui consiste -comme le faisait très bien Steve Jobs- à préparer le consommateur à l’achat. En montrant les avantages inouïs de son produit, en communiquant directement avec le client (à travers les keynotes), en créant un sentiment d’exclusivité du produit, en créant une pénurie systématique (volontaire ou non), etc.

Bref, il avait un talent tout particulier pour créer le désir d’acheter. Et le plus incroyable, c’est qu’on n’a aucune raison de lui en vouloir parce que « l’expérience utilisateur » -encore un concept qu’il a développé- est particulièrement bien soignée avec les produits Apple.

Voici quelques clés pour comprendre les secrets du succès de Steve Jobs

1/ Anticiper le marché,

2/ Créer de l’ergonomie, du design et une expérience utilisateur sans faille,

3/ Développer le contact personnel avec sa cible (grand-messes médiatiques),

4/ Donner de l’info de manière relax, sympathique et humoristique,

5/ Créer un grand désir d’acheter et apporter beaucoup de valeur aux clients à travers ses produits.

A travers ses produits, Steve Jobs est entré dans nos maisons, au cœur de nos soucis, et nous a aidés à les résoudre facilement et intuitivement.

Voilà pourquoi on l’aime sans s’en rendre compte. Et voilà pourquoi on regrette qu’il nous ait quittés.

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reputationvip

Merci Didier Henry pour cet article à propos des grandes réalisations de Steve Job.Surement, il a été un génie étant donné les millions d’acheteurs qui se ruent vers les produits Apple partout dans le monde. Même décédé, l’image de Steve Job est toujours associé aux nouveaux gadgets d’Apple.

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